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  • Alex Bellemare

Entrée en matière. La fabrique du monde

Mis à jour : 7 août 2018

Un blogue d'un chercheur universitaire consacré aux liens entre géographie et culture, espace et société, territoire et identité.


Google Earth, rues montréalaises.

Avec La fabrique du monde, j’espère mettre en place un espace de réflexion critique axé sur les enjeux qui découlent, au sens le plus large et ce faisant le plus universel possible, de l’expérience de l’espace. Depuis le début de mes études universitaires en littérature française, je me suis longuement attaché à la dimension spatiale de l’existence humaine. J’ai récemment complété une thèse de doctorat, dont le fil conducteur est le concept d’imaginaire géographique. Pour faire court — et pour éviter de tomber trop rapidement dans le jargon académique —, l’imaginaire géographique, c’est l’ensemble des discours, des images, des récits, des mythes qui construisent à la fois notre perception de l’espace et nos pratiques spatiales. Ce concept (voire cette méthode) que j’ai construit dans ma thèse me sert surtout d’outil d’exploration, afin d’analyser des récits de voyage imaginaires des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais les questions soulevées par les fictions utopiques de l’Ancien Régime sont encore dans bien des cas les nôtres aujourd’hui : l’utopie, entendue comme une forme de gouvernance idéale, filtre encore nos représentations d’une société meilleure, plus égalitaire, moins criminalisée, plus ouverte, moins cloisonnée.


Comment construire un monde idéal, d’un point de vue urbain et architectural ? Comment expliquer les pratiques migratoires, de plus en plus massives ? Un monde sans frontières (physiques, économiques, culturelles) est-il possible, ou seulement souhaitable ? Quelle signification faut-il donner aux espaces familiers que nous traversons jour après jour, dans un monde qu’on juge souvent fragmenté et dématérialisé ? La fiction — dans ses variantes les plus insolites — nous permet-elle de saisir notre identité spatiale ?


Ce sont ces questions — et certainement bien d’autres — qui seront au coeur de La fabrique du monde. Mais plutôt que de me pencher exclusivement sur des objets de la première modernité (ce que je fais déjà, avec un immense plaisir, dans mon travail quotidien), j’aimerais sonder d’autres objets, issus de ce que nous nommons (parfois avec mépris et élitisme) la culture populaire. La question de l’espace, de ses usages, de ses pratiques et de ses imaginaires m’apparaît de plus en plus centrale dans les productions culturelles contemporaines. C’est à partir de séries télé, de films, de jeux vidéo que je vais penser les liens, troubles mais féconds, qui unissent géographie et culture, espace et société, territoire et identité. Évidemment, la littérature française de l’Ancien Régime sera aussi mobilisée — il est souvent difficile de cesser les bonnes habitudes.


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